Le titre vous dit tout. J'ai traduit la vidéo dont j'avais mis le lien hier. Encore une fois, j'insiste, si vous n'avez pas lu les derniers livres, ne lisez pas ce qui suit! C'est une traduction assez grossière, en particulier pour ce que dit la journaliste, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qu'elle dit. Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à m'en faire part.
MF: Ma prochaine invitée est un autre des auteur des meilleurs ventes de romans policiers. Elizabeth George est ici avec les histoires de l'inspecteur Lynley. Elizabeth est américaine et vit à Seattle. Elle a toujours préféré les terribles drames car c'est la psychologie derrière le crime qui l'intéresse réellement. Mais peut-être, la plus grande surprise, en particulier pour ses fans, est arrivée dans son dernier roman lorsqu'elle a tué l'épouse tant aimée de Lynley. Dans le roman suivant, elle abandonne tout pour analyser les circonstances sociales qui ont amené un garçon de 12 ans à commettre ce crime. Bienvenue parmi nous Elizabeth. Avez-vous fait une crise de la cinquantaine?
EG: Non, pas vraiment. Ce livre faisait en fait partie intégrante du livre précédent, Sans l'ombre d'un témoin. Mais, alors que j'écrivais ce livre, je me suis aperçue que ce que j'appelle l'histoire de Joel, Joel, le garçon de 12 ans, allait faire une plus grosse histoire que ce que je pouvais faire contenir dans le roman que j'écrivais. Donc si j'arrivais à la fin de ce livre avec 1500 pages, ce que j'appelle le mythe de Charles Dickens ou de Léon Tolstoï, il y aurait beaucoup trop de personnages. Donc j'ai décidé de retirer l'histoire de Joel du roman, car j'avais le sentiment que c'était la meilleure façon de lui rendre justice.
MF: Mais écrire à propos d'évènement dans un monde anglais, aristocratique, ce qui peut-être caricatural, c'est très différent, n'est-ce pas, de parler d'une réalité sociale, ce que vous avez fait dans ce livre. Vous n'avez pas été effrayée par ce challenge?
EG: Vous savez, il y a quelque chose dans le fait d'écrire ce livre, qui ne m'a pas fait peur. Tout d'abord, j'adore les challenges et j'aime que ce challenge soit multiple si possible. Dans ce livre, le challenge était le challenge artistique d'écrire sur un point de vue, ce que je n'avais jamais fait auparavant. L'autre challenge était d'essayer de donner vie d'une façon honnête, vrai et réelle, à la vie que ces enfants vivraient à North Kensington, totalement différente de ma propre expérience.
MF: Comment êtes vous retourné en arrière pour créer un environnement crédible pour ces trois enfants, pour l'un d'entre eux qui a déjà un meurtre sur son CV à 12 ans?
EG: Ce que j'ai voulu faire est d'essayer de créer les personnages et de créer leur vie en allant sur les lieux où j'allais faire l'histoire. Je n'ai pas vraiment eu une approche très différente de celle que j'ai eu pour les autres romans. Peu importe où se passe l'action, je vais à cet endroit, j'y passe du temps, je lis à propos de ce lieu, j'achète des livres parlant de l'histoire de cet endroit, je parle à des personnes, j'y prends des photos, j'y suis le témoin de la vie, je vais dans des librairies, je cherche des articles à propos de cet endroit précis de la ville. Et de cette façon, je rassemble toute sorte d'informations qui deviennent le fond de l'histoire.
MF: C'est un livre politique. Ce n'est pas un livre joyeux, ce qui n'est pas surprenant! Mais le sujet est intéressant. Vouliez-vous écrire un livre politique? Pourriez-vous écrire un livre similaire sur des américains?
EG: Je ne voulais pas écrire un livre politique. Ce que j'ai voulu faire est de créer un roman dans lequel ce qui apparaissait comme... ce qui était un terrible crime, en particulier envers la famille de l'inspecteur Lynley, était analysé. Vous devez prendre la mort d'Helen Lynley et la prendre comme un moment du présent emprisonné, et maintenant voir le crime dans son entier depuis le point de vue de celui qui a commis le crime. Ce qu'on doit voir, c'est ce garçon et tous les évènements qui l'ont amené à être accidentellement dans cette rue, à Belgravia, près de la maison de Thomas Lynley.
MF: Comment avez-vous réussi à prévenir votre agent et vos éditeurs qu'au lieu d'écrire sur de terribles meurtres, ici vous alliez essayer de comprendre la vie d'un enfant et de faire le lien avec un meurtre?
EG: J'ai toujours été très chanceuse avec mes éditeurs, ils m'ont beaucoup supportée dans ce que je voulais faire. Donc mes éditeurs à New York et à Londres ont eu la même réaction quand je leur ai dit, je leur ai dit alors que j'écrivais le livre précédent Sans l'ombre d'un témoin, et donc je leur ai dit ce que j'avais l'intention de faire, revenir en arrière dans le prochain roman et analyser la situation qui a amené la mort d'Helen. Et ils ont eu la même réaction: "ça me donne des frissons". Vous m'avez posé une question importante: pourrais-je écrire les mêmes livres sur les Etats-Unis? Evidemment! Nous avons les mêmes circonstances sociales dans notre pays que vous avez dans votre pays. Ce que j'analyse dans Anatomie d'un crime n'est pas une particularité de l'Angleterre.
MF: Vous semblez très attachée à l'Angleterre?
EG: Il y a quelque chose dans le fait de travailler en Angleterre qui fonctionne pour moi. Je dis toujours à mes étudiants que quand vous voulez écrire un livre, il faut le faire sur un endroit en particulier où vous allez et que vous sentez qu'il va vous inspirer pour les personnages. Et pour des raisons que je n'ai jamais été capable de comprendre moi-même, l'Angleterre fonctionne ainsi pour moi, et tous les autres endroits où je suis allée ne fonctionnent pas ainsi. Je pense que ce dont j'ai besoin est de prendre des distances avec l'endroit sur lequel j'écris car la distance me permet de donner les détails qui font que le paysage prend vie.
MF: Je présume que Lynley fait une petite pause en ce moment?
EG: Je n'ai jamais laissé entendre qu'il allait disparaître de la scène. Après ce à quoi il a du faire face, il serait ridicule de lui faire dire "demain est un autre jour, tout ira mieux demain"! Donc il a besoin de partir pour un moment où il va en Cornouaille, où il commence après trois semaines, à se promener dans sa vie passée aux alentours de la Cornouaille. Et le prochain livre, le livre sur lequel je travaille actuellement, commence avec cette phrase: "Il trouva le corps le quarante-deuxième jour de sa marche."
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