24 Fév 2008 - 21:52:30
Traduction de Careless In Red
Et voilà, j'ai enfin fini la traduction mais je vous préviens tout de suite, ça ne veut pas toujours dire quelque chose, mais en attendant, l'essentiel est là! Je vous mettrai le vrai traduction dès que le livre sera traduit et vendu bien évidemment! Bonne lecture!
Il trouva le corps le quarante-troisième jour de sa marche. A ce moment là, la fin du mois d'Avril était arrivée, bien qu'il n'en n'ait qu'une vague idée. Aurait-il été capable de remarquer ce qui l'entourait, l'état de la flore le long de la côte aurait pu lui donner un indice sur la période de l'année. Il aurait pu commencer à comprendre quand le seul signe de renouvellement de la vie était la promesse de boutons de fleurs jaunes sur les ajoncs qui avait grandi sporadiquement le long de la falaise, mais en Avril, l'ajonc était sauvage avec des couleurs, et un archange jaune grimpait en délicates spirales le long des tiges droites des haies, dans les rares occasions où il errait dans un village. Bientôt, la digitale pourprée s'éveillerait sur le bas-côté de la route, et (je ne sais pas de quelle fleur il s'agit) exposeront leurs têtes enflammées des haies et des murs de pierre sèche qui définissent les limites des domaines dans cette partie du monde. Mais ces petits bouts de vie bourgeonnante étaient dans le futur, et il avait marché pendant tous ces jours qui s'étaient transformés en semaine, dans un effort pour se soustraire à la pensée du futur et à la mémoire du passé.
Il ne portait pratiquement rien sur lui. Un ancien sac de couchage. Un sac à dos avec un peu de nourriture qu'il remplit quand l'idée lui vient. Une bouteille dans ce sac à dos, qu'il avait rempli d'eau le matin, l'eau venant près de l'endroit où il avait dormi. Tout le reste était ce qu'il portait. Une veste usée. Un chapeau. Une chemise. Une paire de pantalons. Des chaussures. Des chaussettes. Des sous-vêtements. Il était sorti pour cette balade sans rien et y était insensible. Il savait simplement qu'il devait marcher ou rester à la maison et dormir, et s'il restait à la maison et dormait, il s'apercevrait qu'éventuellement il ne voudrait plus s'éveiller.
Alors il marcha. Il semblait n'y avoir aucune autre alternative. Il escaladait les falaises jusqu'en haut, le vent frappant son visage, l'air salé tranchant déshydratant son visage, grimpant le long des plages où des récifs sortaient du sable et de la pierre quand la marrée était basse, son souffle se faisant court, la pluie trempant ses jambes, les pierres se pressant contre ses pieds... Ces détails devaient lui rappeler qu'il était en vie, et qu'il était destiné à s'en souvenir.
Il était engagé dans un pari avec le destin. S'il survivait à cette marche, alors il en serait ainsi. S'il ne survivait pas, la fin de sa vie était entre les mains des dieux. Il décida. Il ne pouvait pas penser qu'il y ait un seul Etre Suprême là haut, pressant les touches de clavier d'un divin ordinateur, engageant ceci ou effaçant cela pour toujours.
Sa famille lui avait demandé de ne pas partir, parce qu'ils avaient vu son état bien que, à l'image de tant de familles de sa classe sociale, il n'en avait pas fait mention directement. Sa mère lui avait dit, "S'il te plaît ne fait pas cela, chéri", et son frère suggéré, avant son visage devenu blême et toujours cette menace d'une nouvelle rechute les menaçant lui et chacun d'entre eux, "Laisse moi venir avec toi," et sa soeur murmurant, les bras autour de sa taille, "Tu le surmonteras. Il le faut," mais aucun d'eux n'avait mentionné son nom ou le mot lui-même, ce terrible, éternel, définitif mot.
Il ne l'avait pas dit non plus. Il n'avait parlé de rien d'autre que de son besoin de marcher. Le quarante-troisième jour de ce pélerinage avait pris le même aspect que les quarante-deux jours qui l'avaient précédé. Il s'était éveillé où il était tombé la nuit précédente, sans savoir où il était, quelque part le long de la côte sud-ouest. Il sauta en dehors de son sac de couchage, revêtit sa veste et ses chaussures, but le reste de son eau, et commença à partir. En milieu d'après-midi le temps, qui avait été difficile une grande partie de la journée, s'arrangea et chassa de sombres nuages du ciel. Dans le vent, ils s'entassaient les uns sur les autres, comme si un immense bouclier les retenait sur place et ne leur accordait aucun passage, ayant fait la promesse d'une tempête.
Il tentait de parvenir jusqu'au haut de la falaise, dans le vent, grimpant vers une petite baie en forme de V où il se reposa environ une heure et regarda les vagues frappant de larges palmes d'ardoise ce qui taillait les récifs à cet endroit. La marée commençait tout juste à arriver, et il l'avait remarqué. Il avait besoin d'être au point là-dessus. Il avait besoin de trouver une sorte de refuge. Il s'assit près du haut de la falaise. Il était essoufflé, et trouva cela étrange que tout ce qu'il avait parcouru ces derniers jours n'ait semblé suffisant pour développer son endurance sur les myriades d'escalades qu'il avait faites le long de la côte. Alors il s'arrêta pour reprendre son souffle. Il ressentit un élancement qu'il reconnut comme de la faim, et il utilisa ces quelques minutes de sursis à chercher dans son sac à dos les restes d'une saucisse séchée qu'il avait achetée quand il était arrivé dans un hameau le long de son chemin. Il la rongea jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, et réalisa qu'il était aussi assoiffé, et se redressa pour voir quoique ce soit ressemblant à une habitation était dans les environs: un hameau, une maisonnette de pêche, une maison de vacances, ou une ferme.
Il n'y avait rien. Mais la soif était bonne, pensa-t-il avec résignation. La soif était comme les pierres tranchantes qui appuyaient sur la semelle de ses chaussures, comme le vent, comme la pluie. Cela lui rappelait, quand les souvenirs étaient nécessaires.
Il se tourna vers la mer. Il vit un surfeur solitaire plongeant là, juste à côté des vagues déferlantes. Il se demandait si c'était un homme ou une femme, il ne pouvait le dire. A cette période de l'année, la silhouette était entièrement vêtue de caoutchouc noir. C'était le seul moyen d'apprécier l'eau frigorifique.
Il ne savait rien sur le surf, mais il savait reconnaître un cénobite quand il en voyait un. Il n'y avait pas de méditation religieuse, mais ils étaient seuls dans des lieux où ils n'auraient pas du être seuls. Ils étaient également seuls dans des conditions qui n'étaient pas faites pour ce qu'il recherchaient. Pour lui, la pluie naissante rendrait marche dangereuse le long de la côte glissante. Pour le surfeur, les récifs découverts sur la rive exigeaient une réponse à la question qui se posait, pourquoi il surfait.
Il n'avait pas de réponse et peu d'intérêt à en trouver une. Son repas inapproprié terminé, il reprit sa marche. Les falaises étaient friables sur cette partie de la côte, à l'inverse des falaises où il avait commencé à marcher. Là-bas, elles étaient largement granitiques, de la roche éruptive dans le paysage, de la lave antique, de la roche calcaire et de l'ardoise. Bien qu'usées par le temps, le climat et l'agitation de la mer, elles étaient néanmoins solides sous le pied, et un promeneur pouvait s'aventurer près du bord et regarder la mer agitée ou observer les goélands cherchant des perchoirs. Ici, cependant, le bord de la falaise était (?): ardoise, schiste, et grès, et le pied de la falaise était marqué par les monticules de détritus qui tombaient régulièrement sur la plage en dessous. S'aventurer près du bord signifiait une chute certaine. Une chute signifiait des os cassés et la mort.
A ce point de sa promenade, la falaise s'élevait à quelques cent yards. Le chemin était bien dégagé, s'éloignant du bord de la falaise et traçant une ligne entre l'ajonc et l'économie d'un côté et un pâturage clos de l'autre côté. Ici exposé, il se courba dans le vent et alla fermement de l'avant. Il se rendit compte que sa gorge était douloureusement sèche, et sa tête commençait à lui faire ressentir une douleur sourde juste derrière les yeux. Il sentit un soudain accès de vertiges alors qu'il cherchait le bout de la falaise. Manque d'eau, pensa-t-il. Il serait incapable d'aller plus loin s'il ne faisait rien pour y remédier.
Un montant marquait le bord du haut pâturage qu'il suivait, et il l'escalada et se reposa, attendant que le paysage cesse de nager devant ses yeux assez longtemps pour qu'il trouve la descente de ce qui serait une autre crique. Il avait perdu le compte des criques qu'il avait visité au cours de sa promenade, le long de la côte. Il n'avait aucune idée du nom de celle-ci, tout comme il était incapable de nommer les autres.
Quand le vertige fut passé, il vit qu'un cottage solitaire se dressait au bord d'une large prairie derrière lui, peut-être à deux cent yard à l'intérieur des côtes et le long d'un ruisseau tortueux. Un cottage signifiait de l'eau potable, alors il le ferait pour ça. Cela ne faisait pas une grande distance depuis le chemin.
Il s'éloigna du montant alors que les premières gouttes de pluie tombaient. Il ne portait pas son chapeau à ce moment, alors il ôta le sac à dos de ses épaules et l'en sorti. Il le mettait lentement sur son front-une vieille casquette de baseball de son frère avec l'inscription "Mariners" la traversant-quand il eu la vision d'un éclair rouge. Il regarda dans la direction d'où il semblait être venu, et il le trouva au pied de la falaise qui formait l'un des côtés de la crique derrière lui. Là, une flaque rouge posée en travers d'un large plateau d'ardoise. Cette ardoise était elle-même la fin d'un récif qui rampait depuis le bas de la falaise jusqu'à la mer.
Il étudia cette flaque rouge, A cette distance, cela pouvait être tout depuis une ordure jusqu'à un linge, mais il savait instinctivement que ce n'était pas la cas. Bien que le tout était déchiqueté, une partie semblait former un bras, et ce bras s'étendait au-delà de l'ardoise comme suppliant un bienfaiteur invisible qui n'était pas ou qui ne serait jamais là. Il attendit une seconde entière dont il compta chacune des secondes. Il attendit inutilement pour voir si la forme allait bouger. Comme elle ne bougeait pas, il commença sa descente.








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